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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 17:45

 

Si on s'en réfère à la pensée nietzschéenne dans son ensemble, "l'éternel retour" serait plutôt la forme poétique qu'il emploie pour décrire un phénomène physique, celui du principe de causalité.

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commentaires

Piro 29/08/2020 22:15

Je pense que votre interprétation est assez réductrice. Il y a autre chose que la simple causalité. La causalité n'est pas forcément un serpent qui se mord la queue. Nietzsche fait l'hypothèse non seulement d'un déterminisme à la fois absolu mais aussi cyclique. L'intérêt n'est pas dans le déterminisme mais dans le fait d'accepter ou non que cela recommence éternellement exactement à l'identique. La signification c'est qu'on est toujours au commencement et que le passé est notre futur.

Piro 23/09/2020 14:36

L'hypothèse nietzschéenne est formulée par un démon (assez différent de celui de Descartes). La proposition est inquiétante a priori : "Comment accepter cette apparente absence de liberté qui en résulte si on l'accepte pour vraie". La proposition du démon n'est pas celle d'un temps en spirale mais bien d'un éternel retour au point de départ et l'aventure est toujours la même, exactement la même sans changement possible. Elle a déjà eu lieu des milliers de fois et aura lieu encore des milliers de fois. Ce n'est pas une proposition physique, c'est une proposition métaphysique qui d'ailleurs reprend la doxa des stoïciens.

Kristen Chaman 30/08/2020 00:02

Bonsoir Piro !

Votre commentaire me donne l’occasion de développer un peu plus ce Mémo assez complexe à assimiler. Il faut voir Nietzsche comme un scientifique, mais aussi comme un poète d’où l’emploi de cette expression « d’éternel retour ». Le principe de causalité est un principe qui explique que la cause précède l’effet fixant ainsi un ordre temporel. Si on en reste là, on obtient un ordre temporel linéaire, non pas cyclique comme le propose Nietzsche. Mais si on détaille le principe de causalité dans son ensemble qui est que la cause précède l’effet qui à son tour devient la cause d’un autre effet et ainsi de suite à l'infini. Alors, on retombe pile-poil sur l’expression poétique « d’éternel retour » de Nietzsche.


Alors oui, l’ordre temporel, vu comme une dimension, est éternel à l’image de son alter ego qu’est l’espace. Mais cette éternité n’est cyclique que dans sa répétition des phénomènes, elle ne saurait être un recommencement exactement à l’identique, cette possibilité n’étant que pensable, mais absolument pas envisageable d’un point de vue de la physique. Les vérités mathématiques ne débouchant pas toutes obligatoirement sur des réalités physiques.


Bien à vous...