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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 15:18
 

Toutes blotties dans le terrier des poches,

Les mains se serrent et se rapprochent.

Dans le vent où tombent la rouille et l’or,

Et dans le blanc d’un drap de brouillard

Se silhouettent des manchots trouillards,

Qui s’abritent du souffle froid de l’aurore.

 

Au travers de la pluie blonde et rousse,

De pâles lueurs, leur filent la frousse.

Devant l’éclair jaune de ces feux blafards,

Sur le mur de la brume s’ouvrent des brèches,

Où des buffles aux pattes rondes se dépêchent,

Se croisent rageurs ou se suivent grognards.

 

Et le temps passe, le charme s’évanouit,

Le rêve s’achève et les animaux ont fui.

Les manchots ont cédé la glace aux passants

Comme les buffles leurs traces aux voitures.

Sur le pavé, il ne reste plus que la belle dorure

De ces gouttes sèches qu’effeuille le vent.


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commentaires

Pastelle 01/11/2016 09:32

Merci Kristen, c'est très beau, avec plein de jolies trouvailles. :)

Kristen Chaman 01/11/2016 14:16

<3

Suzâme 08/11/2010 18:20



Bonsoir,


C'est la première fois que je dépose un commentaire sur votre site que j'ai connu par Tibicine pour vous dire que je devine ce paysage, je le touche. Toute votre poésie nous ouvre de nouveaux
espaces où nous nous nous reconnaissons. Avez-vous déjà lu vos poèmes à voix haute? J'écouterais bien celui-ci dans le cadre du Printemps des Poètes sur le thème "D'infinis paysages"...
Cordialement. Suzâme



Kristen Chaman 08/11/2010 23:21



Soyez la bienvenue, Suzâme !


 


Récemment, je me questionnais de savoir, entre le rêve d’une réalité et la réalité d’un rêve, s’il aurait pu y avoir une
différence ? Cette énigme m’étant venue après la découverte d’une photographie qui coïncidait avec un de mes possibles. Parce que dans l’élan de William Blake, j’avais écrit ceci :
Cueillir le soleil dans la rosée du jour. Et voici la photo, en rapport : http://v.brosseau.over-blog.com/article-perles-de-ciel-59993557.html


La ressemblance entre les deux est captivante ; et me laisse songeur…


 


La cause, l’effet ; l’effet, la cause ; le Temps se joue de tout. Ainsi, mon trouble-fête, est-il écrit comme
un passe-temps ! Ce poème est le rêve d’une réalité, et c’est pour cela que vous êtes en le lisant entrain de le vivre ; ou serait-ce en le vivant entrain de le
lire ?


 


J’ai grandement aimé votre envolée lyrique sur l’acrostiche : Tibicine. Je serai présent à l’Agora de Nanterre le 19 au soir pour le récital des œuvres de Tibicine, sûrement vous y trouverai-je aussi ? Je ne sais pas
quand se tiendra votre symposium mais au demeurant c’est avec joie que j’accepte votre invitation.


 


 


Au cœur de l’infini fleurissent des minutes ; et à chaque minute que l’on passe à lire, on cultive
l’heure.


 


Bien à vous…



Renard 28/09/2009 20:52


Remarquable..


Kristen Chaman 28/09/2009 21:11


Merci Renarde de ton avis !
Bise à toi


Jean-Luc Brière 08/07/2009 09:58

J'aime beaucoup. Merci.