Un chemin obscur L'immensité d'un ciel bleu Un rayon d'espoir
Par Kristen Chaman
Renifle ma douleur, ô mort fidèle amie !
Voit que mon corps et mon cœur sont las de la vie.
Ouvre ta gueule noire, ô Cerbère d’amours !
Sort tes crocs baveux et met la nuit à mes jours.
Avant que le silence enterre enfin mon râle,
Sanglant encor’, des champs d’épines où je dors ;
J’abattrai les non-dits, les mensonges : alors,
Ma parole sera leur sépulcre et ma dalle.
Ô vaste Univers ! Soit clément. J’aspire au vœu
D’être damné par Dieu, pis condamné par l’homme.
L’un ange de sommeil, l’autre bête de somme
Lors qu’ils ne font qu’un, tels le soleil et le feu.
Ni carcan divin ni joug terrien, grandir libre.
Que de pauvres pour un richissime bâtard ;
Que de malheurs pour un outrecuidant fêtard ;
S’il faut vivre mourant plutôt mourir pour vivre.
Sur la bâtisse, hélas, plane un vague profil ;
L’œuvre ingrate que font tous les humains termites.
Ignorent-ils, donc, qu’aux actes vont les mérites ;
Qu’à l’aveugle va la colonie au péril ?
Voyons ! Que leur sert à suivre cette chimère ?
Peut-on, ainsi, ronger impunément sa mère ?
La vanité, la soif ne mènent qu’à l’égout.
On prie à genoux quand l’homme avance debout…
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